16/06/2026
Toujours...
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14/06/2026
Le feuilleton Fante # 1
La toute première fois que j’ai entendu le nom de John Fante, j’étais adolescent et Michel Polac n’avait de cesse de recommander cet auteur lors de chacun de ses Droit de réponse.
Je me souviens avoir commencé par La route de Los Angeles, son tout premier roman (publié de façon posthume).
Puis, avec une fluidité déconcertante, j’ai enchaîné sur la découverte de ses neufs autres livres.
Et j’ai relu l’ensemble tous les dix ans.
J’ai même dédié à l’auteur italo-américain mon roman publié au Dilettante.
Et donc ? Maintenant ? Maintenant que j’ai l’âge de Fante dans ses romans de la maturité ? Dans quel ordre les re-re-relire ?
Pas oublié la leçon de L’homme dé de Luke Rhinehart. J’ai sorti puis lancé le dé.
C’est tombé sur Pleins de vie.
Dans la plupart des romans de Fante, le narrateur tire le diable par la queue. Cette fois, il traverse une période de vache grasse, scénariste reconnu et bien payé. Bien évidemment, les soucis ne vont pas tarder, ils ne seront exceptionnellement pas d’ordre financier.
Dans la plupart des romans de Fante, le narrateur se prénomme Molise ou Bandini (Arturo). Cette fois, plus de faux semblant ; l'histoire racontée est bien celle de John et de Joyce Fante. Enceinte. La maison du couple est rongée par les termites… ce qui contraint le narrateur à faire appel à son propre paternel, un vieux maçon incontrôlable. Entre le scénariste hollywoodien et l’ombrageux émigré italien - très porté sur la bouteille - la relation filiale promet d’être électrique.
Si Fante mélange faits et dates et substitue noms et endroits, ce n’est pas pour brouiller les cartes, bien au contraire. Cette novella nous offre un concentré drôlatique de névroses familiales, une expérience de lecture vivifiante… et réconciliatrice au final, sans jamais se vouloir édifiante.
Le voyage du futur père chez ses propres parents nous vaut certaines des pages les plus drôles et les plus féroces que l'auteur ait jamais écrites (et son œuvre n’en manque pas).
A chacun de mes retours à la maison, saluer maman a toujours été le plus difficile. Car ma mère était une spécialiste de l’évanouissement, surtout si je ne l’avais pas vue depuis plus de trois mois. Quand moins de trois mois s'étaient écoulés, je pouvais encore contrôler la situation. Car elle se contentait alors de vaciller dangereusement, prête à s’écrouler, ce qui nous donnait le temps de la rattraper avant la chute. Une absence d’un mois ne posait pas le moindre problème. Simplement elle pleurait quelques instants avant de me soumettre à un feu roulant de questions.
Ce jour-là, le cap des six mois avait été franchi, et l’expérience m’avait appris à ne pas me présenter à elle sans certaines précautions. Ma technique consistait à m’approcher d’elle sur la pointe des pieds, à l’enlacer par derrière, puis à dire tranquillement mon nom en attendant que ses genoux s’affaissent. Autrement, elle s’écriait “Oh, merci, mon Dieu !” avant de s’écrouler telle une pierre. Une fois par terre, tout son corps se relâchait comme une masse de mercure, et il devenait impossible de la soulever. Après une absurde série de piaffements et de grognements émis par le fils prodigue, elle se relevait seule et s’attelait aussitôt à la préparation d’énormes repas. Maman adorait s’évanouir. Dans ce domaine elle était devenue une artiste consommée. Elle avait seulement besoin d’un bon prétexte.
Maman aimait aussi mourir. Une ou deux fois l’an, surtout vers Noël, les télégrammes arrivaient pour nous annoncer que, une fois encore, maman mourait. Néanmoins, nous ne pouvions risquer que, pour une fois, elle ne fût vraiment à l’agonie : nous rappliquions dare-dare. De tout le Far West, nous nous précipitions vers San Juan et son chevet. Elle continuait de mourir pendant deux heures, une pile de soucoupes semblaient s’entrechoquer dans sa gorge, elle nous montrait le blanc de ses yeux et nous appelait l’un après l’autre au moment de pénétrer dans la vallée des ombres. Brusquement elle se sentait beaucoup mieux, quittait son lit de mort et bondissait vers ses fourneaux pour préparer un énorme dîner de raviolis.
Ou la Comédie selon Fante.
Le drame est souvent évoqué (invoqué ?) par les différents protagonistes, sans jamais survenir. Pour voir la Mort jouer pleinement son rôle, il faudra attendre Les compagnons de la grappe (cela fera l’objet d’un autre épisode de mon Feuilleton Fante).
Reste Joyce. “L’épouse” (dans le roman). Celle sans laquelle notre John Fante ne serait pas devenu John Fante. Celle envers qui il sait se montrer si injuste ou si aimant (cela dépend des paragraphes).
À elle, je consacrerai également tout un épisode.
à suivre…
18:37 Publié dans a.2) MES TEXTES, où je lis | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fante, john fante, pleins de vie
02/06/2026
Marché de la Poésie
Du 4 au 7 juin, se tiendra comme chaque année le Marché de la poésie, place Saint-Sulpice, à Paris.
Je signerai le vendredi 5 juin, à 17h, sur le stand des éditions Aux Cailloux des Chemins, ainsi que le dimanche à 10h au même endroit.
Je signerai le samedi 6 juin, à 13h, sur le stand des Carnets du Dessert de Lune (stand n°514) ainsi que le dimanche à 15h, au même endroit.
Le samedi, de 18 à 20h, avec tous les auteurs des éditions Aux Cailloux des Chemins, je serai à la Librairie de L'Autre Livre (13 Rue de l'École Polytechnique, 75005 Paris).
08:32 | Lien permanent | Commentaires (0)
31/05/2026
Fête
12:14 Publié dans a.1) MES LIVRES | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fête des mères, judith wiart, wiart
26/05/2026
Le 27 août
12:12 Publié dans a.1) MES LIVRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : kubik éditions, kubik
19/05/2026
Remise à niveau (english) #201
09:03 Publié dans où je trouve à rire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mildred pierce, english, alligator
14/05/2026
Dialogue
- Figure-toi que j'ai fait un drôle de rêve...
- Oui...
- ... pas drôle. Je te raconte pendant que tu prends ton petit-déj'.
- Oui.
- Alors, j'étais dans la salle de bain et...
- Et ?
- Non, tu vas te moquer.
- Continue, s'il te plaît.
- Alors, j'étais dans la salle de bain, et voilà que tu frappes à la porte. En mode "j'ai très envie de faire pipi, libère la place".
- O.K.
- Alors là, je te disais "Monsieur peut bien attendre deux minutes !".
- Tu me répondais ça dans ton rêve ?
- Ben oui, c'est un peu dingue, mais c'était pile ça. Et là, Monsieur s'énerve, et hop, on sait pas trop comment, y'a une hache qui te pousse entre les mains, et tu te mets à défoncer la porte. C'est stupide comme rêve, non ?
- ... Faut pas juger les rêves.
- Ah...
- En attendant, je peux te demander un service ?
- Bien sûr.
- Si tu pouvais me ramener un autre toast. J'aime beaucoup prendre le petit-déj' avec toi, au lit.
- Tout comme moi ! Et puis, j'y vois bien plus clair, maintenant.
- Chérie ?
- Ouiii ?
- Non, rien.
15:17 Publié dans où je trouve à rire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : shining
27/04/2026
Parois
08:36 Publié dans où sont rangées diverses notules incasables | Lien permanent | Commentaires (0)
23/04/2026
I'm a writer now
10:14 Publié dans où je trouve à rire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tom gauld

























